{En bref} « Langue de l’amour, amour de la langue »

Par Alexandra LEBLOND, 27 juin 2017

[Ça s’est passé dimanche 25 juin à 11h] retour sur la rencontre avec Sarah Sauquet et Ali Zamir animée par Tewfik Hakem

Anguille sous roche, premier roman du jeune auteur comorien Ali Zamir, nous entraîne en une seule phrase, sur 317 pages, dans les profondeurs de l’océan Indien en compagnie d’Anguille, une jeune fille en train de se noyer. Pendant ce court instant où elle est entre la vie et la mort (mais le « ouf !» final est-il celui de son dernier souffle ou celui d’un espoir revenu ?) elle se remémore sa vie et son amour pour Vorace, un jeune pêcheur.

La discussion, ponctuée par les lectures d’Ingrid et Ludivine, s’engage avec passion autour du travail de l’auteur, la nécessité qu’il a à communiquer, l’état d’urgence dans lequel il se trouve lorsqu’il écrit. Les noms choisis pour les protagonistes (Anguille, Vorace, Crotale, Connaît-Tout, Tranquille…) se veulent universels, un moyen pour montrer que ce roman est « un texte qui brûle les frontières ».

Sarah Sauquet, jeune professeure de français, le confirme : « le roman d’Ali est un véritable hommage à la liberté ». Ce roman à la construction résolument moderne pourrait plaire à ses élèves !
C’est sous le signe de la modernité justement que son livre au titre volontairement provocant La première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement con : coaching littéraire pour séduire en 7 étapes veut montrer, par l’humour, l’intemporalité des ouvrages de la littérature classique. Les classiques ont traversé les siècles et parlent de notre monde actuel. Et quel thème plus universel que l’amour ?!

Le débat, enrichi par les questions et remarques du public, se conclut sur l’écriture et ses techniques, les deux auteurs se rejoignant sur la nécessité de  s’affranchir des carcans et de laisser chacun s’exprimer librement : la valeur d’un texte ne se résume pas à sa forme mais à sa capacité à interroger son lecteur.

Reporter Clamour(s) : Martine