Familles migrantes : douleurs de l’exil, chemins de la mémoire

Par Martine, 16 juin 2014

Rencontre avec Maryline Desbiolles et Kenan Görgün, animée par Louise Tourret.

68 personnes ont assisté à cette rencontre autour des liens familiaux et des origines ; origines italiennes pour Maryline Desbiolles, turques pour Kenan Görgün.
Après cinq romans mêlant thriller et critique socio-politique, l’auteur belgo-turc a eu besoin dans son dernier ouvrage, Anatolia Rhapsody, premier tome d’une trilogie, de revenir aux sources, de mêler l’histoire intime, celle de ses parents partis d’Anatolie dans les années 60 pour venir chercher du travail en Belgique, et l’histoire universelle, celle de l’immigration. Il se questionne sur sa place, son identité, lui qui n’est ni tout à fait belge, ni tout à fait turc en Turquie où il est retourné vivre il y a deux ans pour essayer de comprendre ce pays.

Comme lui, Maryline Desbiolles se livre dans Ceux qui reviennent à une sorte d’enquête sur sa famille, déjà amorcée dans Primo, une recherche nécessaire afin de réconcilier le passé et le présent, les morts et les vivants, un hommage à ses grands-parents, d’origine modeste, qui eux aussi à travers leur fuite de l’Italie fasciste appartiennent à la grande Histoire.

Une démarche commune pour ces deux auteurs afin de rendre palpables la douleur de l’exil, les secrets bien cachés au fond des malles ou dans les cimetières .

Menée par une modératrice qui a su trouver le lien entre ces deux « belles personnes » pleines d’humanité, une rencontre toute en émotion et en sensibilité… et des questions que chacun d’entre nous doit se poser : comment peut-on se construire, se comprendre sinon en s’intéressant à l’Autre ? Qu’en est-il de la tolérance dans notre monde actuel ?