Mare nostrum, d’une rive à l’autre

Par Anne, 12 juin 2016

[Ça s’est passé dimanche 12 juin] Retour sur la rencontre avec Sylvia Lacarrière et Nedim Gürsel

Une rencontre qui suscite l’émotion. Un échange entre la Grèce et la Turquie mais surtout un amour immodéré pour la Méditerranée. Tout d’abord celui de Jacques Lacarrière par la voix de son épouse Sylvia qui relate sa passion pour la Grèce, « pays [qui] s’est ouvert à lui » lors d’un voyage qui devait le mener en Inde. Il s’attache alors à l’île de Patmos ; « chacun à son île préférée » disait-il. Son exil il le connaîtra en Tunisie lors de la dictature des colonels en Grèce.

Nedim Gürsel voit en la « Méditerranée, [sa] géographie affective ». Il y cherche ce qui nous relie, ce qui nous est commun. « Les villes s’admirent dans le reflet » de ses eaux nous dit-il ; c’est surtout sa ville d’Istambul qu’il porte en lui.

Mais aujourd’hui, le « mare nostrum est devenu un cimetière d’enfants noyés ». Nedim Gürsel a été contraint par la dictature à s’exiler à Paris. C’est d’ailleurs cette réflexion et le rejet de cet autoritarisme persistant depuis l’Empire ottoman qui guide sa plume dans son dernier ouvrage, avant tout roman sur la Turquie.

« Tu comprendras le bleu, Tu comprendras la mer. Mais la Mer bleue, tu ne comprendras jamais » dit-il pour conclure cet émouvant échange.

Reporter Clameur(s) : Jean-Claude