Réfugiés poétiques

Par Anne, 12 juin 2016

[Ça s’est passé dimanche 12 juin] Retour sur la rencontre de clôture avec Nimrod, Maram al-Masri et Hubert Haddad animée par Julie Clarini

Trois auteurs, exilés poétiques, à la rencontre de la langue française, une libération plus qu’un refuge pour Hubert Haddad, né à Tunis et qui a connu l’exil dans son enfance. Poète, romancier, essayiste et convaincu de la richesse de la langue française, il est le nouveau rédacteur en chef de la revue Apulée.
Pour Maram Al-Masri, voix reconnue de la poésie arabe, née à Damas et exilée en France depuis 1982, la poésie est un élément de survie . Très attachée à la langue française, elle continue de publier des ouvrages en langue arabe. Pour elle, écrire, c’est apprendre à se connaître dans ses pensées les plus intimes. La poésie est la langue de l’absence, une formidable façon de communiquer et de se faire le témoin de la souffrance de l’autre.
Devenir poète est un cheminement, la poésie n’a pas vraiment de statut, elle est un espace de liberté offert à tous, pour Nimrod, poète, essayiste et romancier, né au Tchad et qui vit en France depuis plus de 20 ans.
Ces trois représentants de la complexité, à travers leur condition d’exilés, nous livrent un témoignage sur cette terre de liberté que représente la poésie. Pour eux,la littérature est toujours naissante, il faut s’approprier la langue et la travailler. C’est elle qui nous sauve du manichéisme. Elle appartient à ceux qui la vivent et qui l’animent.
Selon Hubert Haddad, « il faut continuer à écrire le poème de la vie », être dans l’accueil en permanence, dans la plénitude de sa pensée et surtout ne pas être dans l’exclusion et le repli.

Lectures poétiques en langue française et arabe, intermèdes musicaux offerts par le musicien et raconteur d’histoires Manolo et sa Kora,  ont rythmé cette belle rencontre.

 

Reporter Clameur(s) : Christelle