Par Marie Hélène Fraïssé, Conseillère littéraire des rencontres Clameur(s)

Toujours ce petit pincement au cœur quand la cour de Flore se vide, quand se démontent la tente et le podium, quand se remballent les livres de la Librairie Ephémère, quand se taisent ces si chaleureuses Clameurs. Oui, chaque année depuis sept ans, on se quitte heureux, les bras chargés de livres, la tête pleine de questions qu’on aurait voulu poser, de visages aperçus, de rires, d’images fugaces. L’édition 2019 s’aventurait dans les coulisses de l’Art, célébrait les très riches rencontres entre le « dire » et le « voir ». Nous n’oublierons pas la présence si émouvante, si fraternelle, de Yan Pei-Ming. Pas plus que le regard bleu d’un Pascal Quignard fasciné par les mystères des fresques romaines, les subtils clairs-obscurs de Georges de La Tour, les effrois de Jean Rustin…et qui n’a pas hésité à se mettre au piano pour partager quelques-unes de ses pièces préférées, modernes, baroques, classiques, ainsi qu’on le fait entre amis après un bon dîner. Privilège aussi d’entendre Eric Reinhardt décliner sa passion du livre d’art ; d’écouter la malicieuse Sophie Chauveau retracer la vie d’une Sonia Delaunay  trop longtemps effacée derrière son colérique Robert ; de suivre les itinéraires singuliers d’un Renoir, d’une Chana Orloff injustement oubliée, d’un Michel Ange ombrageux autant que génial… Autant d’aventures individuelles ou collectives, qui nous ont fait vivre pendant trois jours ce véritable roman de l’art,  qui nous enchante durablement.