Sophie Chauveau. Sonia Delaunay, la vie magnifique, Tallandier, 2019

Avec une plume alerte, Sophie Chauveau nous raconte l’histoire de cette femme qui vit le jour en 1885 dans une famille russe modeste, s’installa à Paris à 21 ans, épousa Robert Delaunay et collabora avec les artistes les plus marquants de son époque : Apollinaire, Diaghilev, Kandinsky…Si elle s’effaça derrière son mari, elle n’en fut pas moins une artiste à l’oeuvre plastique importante. Une biographie passionnée qui se lit comme un roman !

Pascal Bonafoux. Les 100 tableaux qui racontent Renoir, Chêne, 2018

Pascal Bonafoux nous guide dans l’atelier du grand peintre. Des tableaux célèbres comme Le déjeuner des canotiers ou La balançoire, quelques surprises comme La mosquée, fête arabe ou Les laveuses d’Essoyes ysont analysés : personnages, contexte de leur création, témoignages du peintre et de ses contemporains…Une maquette rythmée, une écriture nette et précise pour nous faire connaître la vie et l’oeuvre de l’artiste.

Martine Lusardy (dir. éditoriale). L’art brut, Citadelles et Mazenod, 2018

Pour tout savoir sur l’art brut (un concept lancé en 1945 par Jean Dubuffet) plongez-vous dans cette somme visuelle impressionnante réalisée par une équipe pluridisciplinaire internationale (historiens d’art, critiques, artistes, psychiatre…). Un voyage aux quatre coins du monde, de l’Inde à la Chine, en passant par le Palais Idéal du facteur Cheval dans la Drôme et la maison Picassiette à Chartes !

Sarah Manigne. L’atelier, Mercure de France , 2018

Pour la première fois, un peintre renommé demande à sa fille de poser pour lui. L’occasion pour Odile de se remémorer son enfance, entre un père indifférent et une mère méprisante. C’est grâce à la peinture, aux couleurs qu’elle déverse sur de grandes toiles qu’elle s’affranchit et se révèle. Un récit intimiste, tout en délicatesse, explorant histoire de famille et angoisses de l’artiste.

Pascal Quignard. Georges de La Tour, Galilée, 2005

Entrons dans le secret des tableaux de Georges de La Tour ! Avec un regard sensible, Pascal Quignard pointe certains détails des œuvres de cet artiste tourné vers la spiritualité qui peignit le tête à tête de l’homme avec lui-même. Citant largement les textes de l’époque, l’auteur nous donne à voir un homme qui se détourna volontairement de la peinture de ses contemporains et sombra quelque temps dans l’oubli.

Samuel Delage. Arcanes Médicis, Ed. De Borée (coll. Marge Noire), 2018

ROME, de nos jours. Alors que la nuit règne sur la Villa MEDICIS, l’un des artistes qu’elle abrite, Valente PEYRON, surprend un cambrioleur dans son atelier. La confrontation vire à la bousculade et le voleur s’enfuit avec un objet si cher au coeur de l’artiste que celui-ci se lance à la poursuite de l’Arsène LUPIN. Alors que PEYRON est sur le point de récupérer son bien, un coup violent l’envoie se fracasser le crâne sur la vasque de pierre de la fontaine. Si son corps est vite découvert le lendemain, ses yeux, eux, ont disparu. L’affaire s’annonce épineuse pour le commissaire CASTELLI d’autant que personne ne semble prêt à coopérer. Et encore moins Yvan SAUVAGE, l’Expert en art, dont la présence n’est pas due qu’à sa volonté de reconquérir l’historienne de l’art Marion EVANS, résidente de la Villa; il cache manifestement un bien plus sombre dessein.

ARCANES MEDICIS nous mets les nerfs à rude épreuve. Pourtant, pas de tension extrême dans ce roman, pas de rebondissements étonnants. Non, ce qui agace, c’est ce sentiment de tourner en rond – tout comme CASTELLI – dans votre recherche du coupable. Non pas que le récit soit ennuyeux, bien au contraire, c’est juste que Samuel DELAGE ne nous donne pas le moindre os à ronger et prend un malin plaisir à nous faire tourner bourrique. Le suspense est intenable.

ARCANES MEDICIS c’est d’abord un huis clos étouffant dans un décor pourtant idyllique, celui de la Villa MEDICIS à ROME. Le coupable est forcément dans ces murs, mais qui, pourquoi et comment? Parmi tous ces artistes logés à la Villa, chacun est suspect, à cause de cette aura de mystère qui entoure ces hommes et ces femmes fantasques, originaux, créatifs, incompris évoluant dans un monde à part.

« Arcanes Médicis » est un roman où le mystère, les secrets enfouis ainsi que les ombres sur les murs de la Villa Médicis chargée d’Histoire offrent un suspense des plus passionnant. »

Tu tairas tous les secrets. Hervé Jourdain, Editions Fleuve Noir, 2018.

 ​​​​Une femme est retrouvée morte dans le parc naturel des Ardennes. A quelques kilomètres de là, le corps d’une autre est repêché dans la Seine. Sur le pull que portait la première victime,  l’ADN de l’épouse d’un chef de la brigade de la PJ de Paris. Au cou de la deuxième, un curieux médaillon en forme de chouette.

Le commandant Guillaume Desgranges est chargé de l’enquête parisienne. Et ce qui se passe dans les Ardennes, il refuse d’en entendre parler : il a élevé seul son fils et remué ciel et terre pour retrouver celle qu’il aimait. Le temps a passé. Son évaporation ne regarde qu’elle , à présent, où qu’elle soit.

Le brigadier Zoé Dechaume ne l’entend pas de cette façon et n’a qu’une idée en tête : remonter la piste ardennaise. Alors, en toute clandestinité, et en duo avec sa coéquipière Lola Rivière, elle va se lancer sur les traces d’une femme qu’elle ne connaît pas, mais dont elle a toutes les raisons de penser qu’elle vit encore.

Mettant en péril leurs carrières et bien plus encore, les deux jeunes femmes vont se heurter aux secrets qui contraignent au silence, écorchent, et finissent par tuer ceux qui les portent. 

« Un roman un peu désarçonnant mais qui captive et accroche jusqu’au dénouement »

Le gamin des ordures. Julie Ewa, Albin Michel, 2019

La famille Stanescu arrive de Roumanie. Le père atterrit dans le Nord de la France avec ses deux enfants, Cybèle 16 ans et Darius 9 ans. Pour cette famille de Rom, la France représente un nouvel Eldorado. Fuyant la misère suffocante de leur pays de naissance, ils espèrent pouvoir enfin construire un avenir meilleur, par le travail et dans la dignité. Ce qui les attend est pire que ce qu’ils vivaient au pays, l’inconnu en sus, les rêves en moins. Chassés de la « platz » qui devait devenir leur refuge, ils errent dans la ville en faisant les poubelles. C’est à cette occasion qu’ils rencontrent Lina, une jeune femme qui a le cœur sur la main et ne peut accepter de les laisser seuls face à leur triste sort. Quand Darius et son père disparaissent, c’est accompagné de Thomas que la jeune femme mène son enquête, une enquête qui les emmènent en Hongrie. Un peuple livré à lui même, des enfants sous le joug de mafieux, de France en Hongrie, la violence est reine pour asseoir son pouvoir, peu importe la façon, l’argent est un moteur vivace, même s’il faut vivre de réseaux de prostitution ou mettre en place « des enfants voleurs ». Pour ceux qui veulent s’ériger ou résister la mort est souvent au rendez vous.

 « Julie raconte les Roms, leur histoire, leurs us et coutumes, leur attachement à la famille, leur vision d’une France que les passeurs leur présentent comme un Eldorado pour s’engraisser sur leurs dos. Sous couvert d’une bonne intrigue, Julie nous confronte à la réalité violente d’un quotidien qui n’a rien d’une fiction. Un véritable cri ! »

Oublier nos promesses. Elsa Roch, Calmann-Lévy, 2018

Emma Loury aimait les causes perdues et dangereuses. Emma vient d’être découverte, sauvagement assassinée, dans son appartement du IVe arrondissement. Son amant, un officier français de retour d’Afghanistan, s’est enfui. Le coupable idéal.
Le commissaire Marsac se plonge dans cette enquête avec rage : de l’avis de tous, Emma était une personnalité solaire et une excellente journaliste indépendante, qui se battait pour les femmes et contre la traite des êtres humains. Marsac se demande si la vraie raison de sa mort ne serait pas là. Mais alors pourquoi son compagnon a-t-il fui ?
Jérôme a fui parce qu’Emma était toute sa vie, son dernier lien avec ce monde qu’il ne comprend plus. Il a fui parce qu’il est malade, plongé dans un syndrome post-traumatique, flirtant avec la folie. Il veut massacrer l’assassin comme Emma a été massacrée.
S’engage alors une double chasse à l’homme dans un Paris insoupçonné, en proie aux trafiquants. Jérôme combat le mal par le mal et Marsac par la loi. Qui retrouvera le meurtrier d’Emma ?

« A certains moments de la vie, ne faut-il pas oublier nos promesses, pour avancer, rester en vie ? »

« Une enquête bien documentée sur le syndrome post-traumatique des soldats de retour d’Afghanistan et la difficulté de retrouver une place dans la société, ainsi que sur la traite d’êtres humains, de jeunes femmes à qui l’on promet l’éden en occident et qui se retrouvent vendues à l’état de marchandise sexuelle.

Une ambiance sombre et sordide, mais une enquête solide qui tient la route. Une écriture fluide et poétique malgré la noirceur »