L’auteur revient sur l’agression que lui et sa famille ont subie quand il est revenu à Lussaud, le hameau natal de son père, après la publication de son ouvrage « Pays perdu » quelques années auparavant : les paysans, s’estimant diffamés par ses écrits, l’ont accueilli avec des jets de pierres, blessant son plus jeune fils.
Pierre Jourde analyse avec beaucoup de finesse cet incident : pourquoi ces paysans, qu’il croyait être ses amis, ont-ils voulu les tuer ? D’où est venu ce déchaînement de violence, aux relents racistes ?
Pour lui, les paysans ont « fictionné » la réalité ; ils se sont reconstruits une histoire, une fiction à partir de son livre. Lui, il croyait rendre hommage à cette terre, à ces hommes et eux l’ont reçu comme une calomnie, une atteinte à leur dignité ; lui, il faisait « un tombeau pour son père », eux se sont sentis humiliés.
Cet ouvrage, d’une écriture excellente, comme toujours chez cet auteur, complète admirablement « Pays perdu » en disséquant très précisément les faits et les attitudes de chacun. Néanmoins, il met en lumière le fossé social et les incompréhensions qui peuvent exister entre un intellectuel comme Jourde et des paysans d’un village perdu. Il pose aussi la question du pouvoir de la littérature : jusqu’où peut aller un écrivain dans la fiction de la réalité ?

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