Plonger est le cinquième roman de Christophe Ono-Dit-Biot, probablement le plus personnel et le plus émouvant.
César raconte l’amour, la vie, la mort à son fils Hector. Le récit est donc entièrement à la première personne et adressé à Hector, comme s’il s’agissait d’une lettre.

César est exigeant envers lui-même et refuse de nier sa propre responsabilité dans la tragédie qu’il a connue : la disparition de la femme qu’il aimait et avec laquelle il a eu ce fils. Cette femme, Paz, photographe géniale, espagnole, égocentrique et un peu perdue a adopté un requin (parce que le requin est né parfait) et abandonné mari et fils pour vivre au milieu des squales et les défendre de la méchanceté humaine. On perçoit tout le désespoir de César qui va reconnaître le corps de sa femme à l’autre bout du monde et se trouve confronté à cette vérité : elle est partie et quand on part, c’est qu’on n’aime plus…En toile de fond de cet amour, il y a la photographie et ce qu’elle représente par rapport à la réalité exacte des choses, ce que l’on voit, ce que l’on ne voit pas, l’essentiel invisible aux yeux… Il y a aussi la guerre (César était reporter d’un grand journal et ne veut plus retourner là-bas car la vie est trop courte) et le refus de considérer la violence comme un fait acquis, une évidence pour l’humanité. Et puis, il y a l’amour d’un homme, ancien pigeon voyageur, devenu père aimant, troublé par un petit bonhomme qui bouge, parle, écoute.

Outre cette envoûtante histoire d’amour, Plonger permet aussi de s’intéresser d’un peu plus près à la démarche des artistes, à l’art contemporain que certains fustigent encore et toujours, lui trouvant un côté naïf encore incompréhensible. L’intention d’une œuvre est-elle donc toujours celle que lui a donné son créateur ou bien est-ce davantage celui qui reçoit cette œuvre, le public donc, qui lui donne vie ? Et dans ce monde où tout semble déjà avoir été dit, y a-t-il encore une place à la véritable création ? Les artistes ne pastichent-ils pas les œuvres des anciens ?

On « plonge » sans hésiter dans l’univers de César, l’Espagne, les émirats arabes, l’océan, les mojitos qui endorment l’homme qui souffre et la vie qui continue, en dépit de ce lourd sentiment d’avoir été trahi et abandonné.
Une belle écriture, très fine et puissante, qui nous incite à questionner nos propres sentiments.

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