[Ça s’est passé vendredi 10 juin] Retour sur la rencontre inaugurale avec Dany Lafferrière, animée par Marie-Madeleine Rigopoulos avec les lectures de Jacques Ville

Dany Laferrière, qui a fui le Haïti de la dictature  et qui vit maintenant  à Montréal tout en parcourant le monde,  récuse le nom d’exilé qui , pour lui, représente la victoire du dictateur. Il lui préfère celui de voyageur, symbole de vie et de liberté ,  le monde étant un formidable théâtre à découvrir.
Le seul exil qu’il reconnaisse est celui de l’enfance : l’exil de l’enfance étant bien pire que celui du temps. C’est sa grand –mère qui incarne pour lui cette notion, cette « pépite » qu’il a su si bien décrire dans son livre « L’odeur du café » et qu’il a d’ailleurs évoquée avec un talent de conteur assez exceptionnel où  affleurait une émotion non feinte. Sinon, il parle des sujets les plus graves avec une légèreté, une nonchalance  et  un humour très plaisants tout en s’exprimant dans un français parfait digne de l’Académicien qu’il est ! Il a d’ailleurs fait un brillant éloge de la langue française, certes « perverse » aves ses conjugaisons complexes  mais qui permettent d’exprimer toutes les nuances de la pensée.
Il a esquissé un parallèle entre les civilisations nord américaines et françaises où le vainqueur n’est pas forcément là où on l’attendait…
On peut laisser à Dany La Ferrière la phrase de conclusion qui exprime bien sa philosophie de la vie : «  Je ne suis pas là pour être écrivain, je suis là pour être vivant ! »

 

Reporter Clameur(s) : Marie-France