[Ça s’est passé dimanche 12 juin] Retour sur la rencontre avec Catherine Withol de Wenden, animée par Julie Clarini

Avec pédagogie, Catherine Wihtol de Wenden a su montrer la faillite des politiques migratoires européennes à l’origine de la situation actuelle.

En 2015, 1 migrant est mort toutes les 2 heures en tentant la traversée de la Méditerranée ! Parler de la crise des migrants est erroné. Il s’agit d’une crise de l’accueil en Occident, fruit certes d’une crise liée à un phénomène structurel, « l’entrée en mobilité du monde. » mais également de la militarisation de cette politique de gestion des migrants. Gouvernements et politiques n’arrivent pas ou plus à anticiper le flux de ces 244 millions de migrants internationaux dont 60 millions sont des réfugiés et 42 millions des déplacés environnementaux.

La politique européenne a montré son inefficacité. A chaque mort, on augmente le budget de de l’agence Frontex sans plus de résultats ; la politique migratoire est menée par des fonctionnaires issus de Ministère de l’Intérieur et ne peut que se traduire sous cette forme.

Il s’agit de répondre aux discours d’exclusion. Mais aucun homme politique n’a le courage de dénoncer ces mensonges alors qu’il suffit de s’appuyer sur les travaux des chercheurs pour montrer que l’immigration rapporte en France. Comment ne pas remarquer ces hommes et ces femmes qui au petit matin se rendent au travail pour accomplir les travaux déqualifiés dont personne ne veut s’occuper ?

Même si l’image médiatique déforme la nature du migrant en en faisant un envahisseur, ces migrants, hommes, femmes et enfants sont bien nos semblables et ne cherchent qu’à reconstruire leur vie.

Une première solution pour sortir de cette impasse ; s’appuyer sur la directive européenne de protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées de 2001. Mais également, ouvrir les frontières, le droit d’asile actuel fabrique des situations irrégulières. Développer et revendiquer un nouveau Droit de l’Homme, le droit à la mobilité.

Reporter Clameur(s) : Jean-Claude