{En bref} « Derrière les masques, les visages »

Par Alexandra LEBLOND, 27 juin 2017

[Ça s’est passé dimanche 25 juin à 16h30] retour sur la rencontre avec François Jullien et Camille Laurens, animée par Nicolas Weill

De retour pour une fin d’après-midi dans sa ville natale, la romancière Camille Laurens ouvre la rencontre par la lecture d’un extrait de son dernier livre Celle que vous croyez, roman entre réel et virtuel racontant le jeu d’une cinquantenaire qui, lassée d’être invisible, refuse de renoncer au désir et se crée une fausse identité sur facebook pour séduire un homme. Belle illustration de la théorie de l’amour selon l’auteure : « l’amour est toujours quelque chose qui naît dans le fantasme, dans l’imaginaire, le rêve de l’autre ».

Autre définition de l’amour pour le spécialiste de la Chine François Jullien dans son essai De l’intime, loin du bruyant amour, dont Brigitte lira un passage. S’appuyant sur la philosophie, il oppose l’amour à l’intime, notion qui puise ses origines dans la tradition chrétienne : l’amour s’use, il est banal et réduit l’autre à n’être qu’un objet; l’intime exclut le rapport de force, il chemine discrètement, il est inépuisable et « qualifiant » et « fait basculer d’un dehors indifférent dans un dedans partagé et vit inépuisablement des “riens” du quotidien ».

Les romanciers sont-ils en capacité de dire l’intime ? Prenant comme exemple La Princesse de Clèves, les deux intervenants n’ont pas réussi sur ce sujet non plus à trouver un terrain d’entente …

Reporter Clamour(s) : Martine