Photo Noudelmann

Parentés choisies, parentés subies

Par Marie-France, 16 juin 2014

Rencontre avec François Noudelman, animée par Marie-Madeleine Rigopoulos.

C’est devant une salle comble que le philosophe François Noudelmann a analysé les affinités électives. On passe de la notion de filiation, de ressemblance réelle dans sa famille biologique à celle d’affiliation à un groupe auquel on souhaite appartenir.

Cela pose la question du rapport de soi à son passé qui peut être valorisé car considéré comme un socle inébranlable, ou rejeté car vu comme aliénant, cas des périodes révolutionnaires .

Les ressemblances recherchées concernent l’apparence physique bien sûr, mais également le caractère. F. Noudelmann a brillamment illustré son propos en citant des oeuvres littéraires comme La Recherche de Proust ou Les Affinités électives de Goethe.

Il a montré le passage d’une notion à une autre : de la ressemblance à l’air de famille, puis au mimétisme. On n’est plus dans la généalogie, mais dans le voisinage, la fréquentation, le choix.

La conclusion est que les critères de ressemblance sont multiples, mobiles, évolutifs avec le temps ou les lieux, mais procèdent toujours d’une construction arbitraire, psychologique ou sociale. La notion d’affinité va plus loin : elle est la preuve d’un lien entre les personnes.

Ce passionnant exposé a bénéficié des questions pertinentes de l’animatrice, Marie-Madeleine Rigopoulos.